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Les retraités exaspérés !

manifestation des retrait-é-e-s du 21/01

Par Jean Louis

Nos organisations syndicales doivent rejeter la contre-réforme des retraites préparée par le gouvernement. Elles doivent refuser de négocier quoi que ce soit. Pour être en position de force, elles doivent mobiliser sans attendre tous les travailleurs, qu’ils soient en activité ou à la retraite.

Des dizaines de milliers de retraités étaient dans la rue le 31 janvier, dans 160 villes, à l’appel de 9 organisations. Ils se disaient « exaspérés ». En effet, en 2018, ils ont subi une hausse de la CSG de 1,7 point la portant à 8,3 %. Dès l’annonce de cette mesure, l’exigence de son annulation est montée et les manifestations ou rassemblement de retraités se sont multipliées.

Depuis, comme une des conséquences du mouvement des « gilets jaunes », qui a vu de nombreux retraités se mobiliser, le gouvernement a annoncé l’annulation de cette hausse en 2019, avec un remboursement en juillet !… seulement pour ceux qui touchent moins de 2 000 euros, 3 000 pour un couple…

On est donc loin du compte, surtout que, alors que l’inflation a été officiellement, selon l’INSEE, de 1,8 % en 2018, les pensions de retraites n’ont été revalorisées que de 0,3 % au 1er janvier 20191, mesure reconduite pour 2020 !

Indexées sur les salaires jusqu’en 1993 (sous le gouvernement Mitterrand-Balladur), les pensions de retraites l’ont ensuite été sur l’inflation (pour les fonctionnaires à partir de 2003, sous le gouvernement Chirac-Fillon).

Fin 2018, le gouvernement Macron-Philippe a en réalité décidé de ne plus indexer les retraites, ni sur les salaires, ni sur l’inflation. La désindexation qui a été imposée par le gouvernement et la « majorité » parlementaire par un tour de passe-passe via la loi de finance sur la sécurité sociale (LFSS) pour 2019. Cette décision cache une injustice flagrante et relève de l’escroquerie politique.

Une injustice flagrante car elle va mettre rapidement en difficulté de nombreux retraités qui parvenaient encore tant bien que mal à joindre les deux bouts. Ils vont voir leur pension fondre comme neige au soleil. Quant à ceux qui son déjà en difficulté, majoritairement des femmes qui ne perçoivent parfois qu’une pension de réversion, ils vont s’enfoncer dans la misère.

C’est une escroquerie car, le 27 août dernier annonçant cette mesure, le ministre B. Le Maire promet : « Aucune prestation sociale ne sera réduite. [Les retraités] ne seront pas perdants, leur pension de retraite sera revalorisée moins vite mais elle continuera à être revalorisée » (Site huffingtonpost.fr du 27 août 2018).

Ce n’est pas un dérapage verbal car d’autres ministres utilisent désormais la formule « prestation sociale » ou « allocation » pour désigner les pensions de retraite, ainsi un certain Olivier Dussopt, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics lorsqu’il se décide, enfin, à recevoir une délégation des syndicats et organisations de retraités le 31 janvier.2

L’étatisation de la sécurité sociale, comme conséquence de la contre-réforme Juppé de 1996 a été le préalable d’une politique qui permet à l’État de tenter maintenant de faire disparaître un système de solidarité entre les générations : la retraite par répartition.

La retraite par points, voulu par Macron-Philippe et la CFDT, conformément aux exigences de l’Union européenne, serait une retraite à cotisation définie, mais dont le montant ne serait connu qu’au moment de la liquidation lors de la demande de départ à la retraite : ce serait une retraite individuelle qui tournerait le dos à la solidarité entre générations.

Ainsi, aujourd’hui je cotise pour ma future retraite sur la base de trimestres travaillés. Ma cotisation finance les pensions des actuels retraités et me donne le droit de percevoir une pension équivalente quand je serais à la retraite à mon tour.

Si Macron-Philippe-Berger parviennent à leurs fins, je cotiserais en achetant chaque année des points dont le prix variera. Cette cotisation sera « mise de côté », pour faire simple elle ira d’une façon ou d’une autre à la bourse et, au moment de partir à la retraite, on me révélera la valeur de liquidation de mes points, valeur qui dépendra essentiellement de paramètres économiques et « démographique ». Je n’aurai aucune garantie sur le montant !

Quelle serait la conséquence d’un système par points sur les retraités d’aujourd’hui et ceux qui auraient passé la plupart de leur vie professionnelle dans le système par répartition ? À partir de la mise en place d’une retraite par points, plus personne ne viendrait financer leur pension !

Alors, l’État, magnanime et généreux, viendrait leur verser une allocation financée par l’impôt, dont il fixerait seul le montant, en fonction des critères de l’UE, en compensation de la perte de leur pension de retraite. La baisse des pensions actuelles visent à les faire entrer dans le cadre du budget d’une future « allocation » versée par l’État.

Voilà pourquoi le gouvernement parle d’allocation : préparer les esprits à une rupture inacceptable mais présentée comme inéluctable : y a-t-il quelque chose à négocier là-dedans ? Non !

Nos organisations syndicales doivent rejeter la contre-réforme des retraites préparée par le gouvernement. Elles doivent refuser de négocier quoi que ce soit. Pour être en position de force, elles doivent mobiliser sans attendre tous les travailleurs, qu’ils soient en activité ou à la retraite.

C’est une raison supplémentaire, si besoin était, d’appeler à la grève générale pour en finir avec cette politique, pour en finir avec ce gouvernement. L’appel à la grève du 5 février ne doit pas être une fin en soi, ni une énième journée d’action ; il doit être le début d’une mobilisation qui débouche sur le grève générale.

1Pour ce qui concerne les retraites principales. Les complémentaires du secteur privé, ARRCO-AGIRC ne sont, elles, revalorisées que de 0,6 %, après 4 années de gel, soi-disant pour équilibrer les finances de ces caisses.

2Le compte-rendu de la délégation est disponible sur https://fr.calameo.com/read/004370226c43bcd86f1ca

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