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Manifeste du comité « La lutte des classes est féministe »

Banderole comité La lutte des classes est féministe

État, cléricat, réseaux de prostitution : comment combattre le patriarcat sous toutes ses formes

La privatisation de la santé a fortement dégradé les conditions de santé chez les femmes.

Cette campagne de destruction des services publics, et des acquis sociaux tels que le code du travail, la sécurité sociale, s’accompagne d’une nouvelle offensive réactionnaire, et proto-fasciste du gouvernement Macron-Vidal-Schiappa, dont les premières victimes seront les femmes.

L’IVG deviendrait un homicide ?

Le 11 septembre 2018, le président du syndicat national des gynécologues obstétriciens de France ( SYNGOF) , Bertrand Dochambeau, a affirmé qu’il refusait de pratiquer l’avortement car « son métier n’est pas de retirer des vies ».

Cette déclaration est passée totalement inaperçue, et n’a pas suscité de réaction à la hauteur. Et pourtant B. Dochambeau entérine dans ces propos, des pratiques médicales contraires à ce que préconise la loi.

Il faut rappeler que le « délit d’entrave à l’IVG » est puni par la loi depuis 1993. De même, , cette loi a été renforcée en 2016 en « délit d’entrave numérique » concernant tous les sites ou médias de désinformation.

FB_IMG_1533826153141Et pourtant, en invoquant la « clause de conscience personnelle » Bertrand Dochambeau et de nombreux autres praticiens refusent chaque de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse.

Il s’agit de la même « clause de conscience personnelle » derrière laquelle peuvent se cacher les maires ou mairesses homophobes pour ne pas appliquer la loi, et refuser de marier des couples du même sexe.

Le comité « la lutte des classes est féministe » se prononce pour la libre disposition de notre corps., cela implique de défendre le droit à l’avortement public, sûr et gratuit pour toutes peu importe la couleur de la peau, l’origine sociale ou les conceptions religieuses.

Banderole MCI pour un droit à l'avortement libre et gratuitNous condamnons avec fermeté toute confessionnalisation de la médecine et de la santé, en particulier dans les services d’obstétrique et de gynécologie. Et nous appelons à la plus grande unité pour stopper ce sectarisme religieux dans nos établissements de santé.

Nous soutenons les mobilisations qui ont eu lieu en Irlande et qui ont imposé la légalisation de l’avortement face aux politiciens conservateurs et face au clergé réactionnaire.

Nous nous reconnaissons pleinement dans la marée verte Argentine, pour le droit à l’avortement libre, sûr et gratuit. Cette marée verte, s’accompagne d’une marée orange, c’est-à-dire pour défendre la liberté de conscience, la séparation de l’église et de l’état.

La pédophilie, crime mais pas péché ?

Alors que Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise, déclarait en 2016 « La pédophilie est un mal. Est-ce que c’est de l’ordre du péché, je ne saurai le dire. », les procès se multiplient pour condamner les viols commis par les prêtres pédophiles et pour condamner la complicité des instances religieuse.

À Lyon, le cardinal Barbarin devait être poursuivi pour non-dénonciation de viols remontant … aux années 80. Mutation, démission, mais aucune condamnation pour l’instant. Au contraire, le procès d’abord reporté, est aujourd’hui annulé.

En Pennsylvanie un procès impliquant 300 prêtres, relate des agressions sur près de 1000 enfants et adolescents qualifiées par les instances ecclésiastiques comme « contacts inappropriés » ou « problèmes de promiscuité ».

Au Chili, l’ensemble de la hiérarchie de l’église chilienne a démissionné. 158 personnes ( évêques, prêtres, laïcs liés à l’Église) sont poursuivies, 266 victimes recensées dont 178 mineures. 23 anciennes religieuses ont également révélé des abus au sein de la congrégation des « Sœurs du bon Samaritain ».

Tous les éléments étaient là pour mener les poursuites judiciaires : les victimes avaient parlé, et les coupables avaient avoué. Ce sont bien les responsables religieux, qui ont couvert, étouffé tous ces scandales pour empêcher qu’ils soient poursuivis, jugés et condamnés.

Le comité « la lutte des classes est féministe » apporte tout son soutien aux victimes de violences sexuelles au sein de toutes institutions religieuses. Nous condamnons toutes les pratiques pédophiles, et les agressions sexuelles.

Pour obtenir justice, l’impunité religieuse doit cesser, les coupables doivent être condamnés à hauteur des crimes qu’ils ont commis.

Loi Schiappa : viol ou pas viol ?

Le 1er août a été adoptée une nouvelle loi par le ministère de l’égalité hommes-femmes pour « renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ». Ainsi donc après la mascarade de la loi sur le harcèlement de rue, Marlène Schiappa a finalement cédé au lobby des plus ultra-réactionnaires.

IMG_1385La version définitive de la loi adoptée à l’assemblée a refusé d’ instaurer un âge minimum de consentement, et ce malgré les promesses d’E. Macron suite aux affaires Sarah et Justine en septembre 2017.

Rappelons-nous, ces agressions sexuelles sur deux enfants de 11 ans, avaient été qualifiées d’atteinte sexuelle, et non de viol, parce que les adolescentes n’avaient pas prononcé le mot « NON ».

L’un des coupables âgé de 29 ans a maintenu que l’adolescente était consentante. Cette qualification en délit et non en crime, a notamment permis à l’un des coupables d’être acquitté par la cour d’assises de Pontoise.

Les organisations et associations de protection de l’enfance avaient alors insisté sur la nécessité de légiférer un seuil d’âge en deçà duquel tout acte sexuel avec pénétration commis par un adulte sur un enfant serait un crime.

La situation de la France à ce sujet-là est dénoncée, en particulier par l’ONU qui reproche à la France de ne pas juger les viols d’enfants en tant que crimes.

Nos voisins européens n’ont pas attendu : 15 ans en Angleterre et en Suisse, 12 ans en Espagne …

Ainsi donc, les crimes qui se sont déroulés en septembre 2017, à l’encontre de Sarah et Justine, âgées de 11 ans pourraient se reproduire.

Le comité « la lutte des classes est féministe » condamne tous les actes de pédophilie, ou de violence sexuelle. La loi doit protéger les enfants et les victimes, et les agressions sexuelles sur enfant doivent être jugées comme des crimes.

La tribune des 100 signataires qui dénoncent cette loi est une première initiative unitaire, qui en appelle d’autres.

Rouvrir des maisons closes pour légaliser le viol

Une députée LREM du Var, veut rouvrir les maisons closes sous couvert « d’assurer les règles les plus élémentaires d’hygiène et de sécurité » des prostituées.

Cette tentative de réouverture, avait déjà été présentée par deux femmes : Michèle Barzach, ancienne ministre de la santé RPR (1990) au nom de la lutte contre le sida, et Françoise de Panafieu (RPR) en 2002 au nom de l’ordre public.

IMG_1372L’absence de réaction des organisations féministes à ce sujet est extrêmement inquiétante et laisse les mains libres aux projets les plus réactionnaires. Or cette proposition se fait alors que les réseaux de prostitutions se sont internationalisés reprenant les fantasmes répandus pendant des siècles par les blancs colonialistes.

Ainsi donc, les nouveaux bordels, deviendraient en fait les « contrôles qualité et sanitaire » des prostituées non pas pour préserver les prostituées, mais au contraire pour préserver la santé des clients et des proxénètes.

L’interdiction avait eu lieu en 1946, après que la prostitution avait considérablement augmenté dans les « bordels à soldats », qui étaient surtout sous l’occupation « les bordels à soldats nazis ».

Il s’agissait d’« effacer de la face de la France cette tâche sociale (…) car la femme est un être humain et non une marchandise » (Marthe Richard)

L’illusion de sécurité donnée par les pseudo contrôles médicaux a été dénoncée dès les années 20 comme dangereuse.

Par ailleurs, la rente que ces établissements offraient aux proxénètes et aux trafiquants, leur incapacité à juguler la prostitution clandestine, avaient plongé ces femmes précaires et pauvres dans un « état de servitude volontaire contraire à la dignité humaine et à l’égalité des droits entre les sexes ».

Ces institutions brutales, autoritaires et corrompues, fondées sur l’enfermement et la stigmatisation des femmes, sont une façon de légitimer la violence, le mépris, l’exploitation qui sont l’ordinaire de la prostitution.

Elles reviennent à officialiser le proxénétisme et le trafic d’êtres humains, à inviter les clients à « consommer » en les rassurant faussement quant à la qualité « labellisée » de la marchandise, mais aussi à encourager les jeunes filles fragilisées à embrasser la carrière.

( extrait de l’excellente brochure réalisée par le mouvement Le Nid
intitulée
PROSTITUTION 100 MOTS POUR COMPRENDRE, sous la direction de Bernard Lemettre 2004)

Les attaques contre les femmes sont d’une violence inouïe. Après le mouvement me too le mouvement féministe reprend de la vigueur, et de nouvelles luttes nous attendent.

Les réseaux de traite s’internationalisent, et réalisent des milliards de profits.

Ce sont les femmes racisées issues de l’immigration, les femmes les plus précaires et les plus pauvres, les étudiantes des quartiers ouvriers et populaires qui sont aujourd’hui réduites à l’esclavage sexuel.

Selon les chiffres officiels, environ 40 000 étudiant-e-s (très majoritairement étudiantes) ont recours – ou ont eu recours- à la prostitution. Mais aucun recensement sérieux n’a vraiment été fais. Les résultats seraient sans aucun doute inquiétants !

Au mois de juillet, près de 2000 migrantes « très jeunes » ont témoigné avoir recours à la prostitution pour payer leur passeur à la frontière franco-italienne.

Cette proposition a augmenté avec des plate-formes légales de prostitutions SUGAR DADIES et VIVASTREET. Par ailleurs, la mairie de Paris a autorisé l’ouverture de la maison X DOLLS, première maison close aux poupées gonflables sexuelles, qui est ouvert depuis le 1er février à Paris (9).

Ces éléments véhiculent une image dégradante des femmes et des adolescentes le marché légal de l’exploitation de la femme par l’homme. Voilà pourquoi il est urgent d’abolir la prostitution pour empêcher les viols, les agressions sexuelles, les rapts et les féminicides qui en découlent.

Rejoignez le comité la lutte des classes est féministe

Le comité est ouvert à toutes celles et tous ceux qui veulent défendre les conditions de vie, de travail et de santé de l’ensemble des femmes, en premier lieu des femmes salariées et des étudiantes qui sont des travailleuses en formation.

Le comité regroupe toutes celles qui partagent notre analyse dans le plus grand pluralisme indépendamment des conceptions religieuses ou des appartenances politiques. Nous ne nous déterminons pas par leur genre mais par le projet de société qu’elles promeuvent. Nous sommes totalement autonomes .

Les attaques se poursuivent contre les femmes, en particulier contre la libre disposition de notre corps. Nous avons conscience que les premières touchées par la politique actuelle seront les lycéennes, les étudiantes, les femmes salariées ou encore les femmes racisées.

Ce pourquoi nous nous battons

  • Abrogation de ParcourSup (loi Vidal-ORE), contre la sélection sociale, raciale et patriarcale

  • unité étudiantes – travailleuses

  • égalité salariale hommes-femmes

  • droit à l’avortement libre, gratuit et sûr pour toutes

  • retrait de la clause de conscience

  • Abolition de la prostitution : démantèlement des réseaux de traite et condamnation des clients et des proxénètes

  • Condamnation des prêtres pédophiles et des violeurs pour les crimes commis.

 

 

 

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