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#EleNão (#Paslui) ! Mettre en échec l’extrême droite de Bolsonaro et Mourão dans les rues et dans les urnes !

Manifestation au Brésil le 29 septembre 2018 contre Bolsonaro

Déclaration du Courant Socialiste des Travailleurs – Tendance Interne du PSOL

le 09/10/2018

Les élections ont exprimé une augmentation du nombre de voix pour Bolsonaro et le PSL. Il y aura un second tour qui promet une grande polarisation politique, à tel point que le mouvement des femmes prépare déjà une deuxième manifestations de #EleNão, le 20 octobre, pour rejeter la politique de ce candidat.

Dans une élection marquée par le rejet des partis traditionnels et où il y a eu une grande pression au vote utile, une partie significative des votes de Bolsonaro ont été gagnés parmi les travailleurs et les secteurs populaires qui ont manifesté dans les urnes leur rejet du désastre économique et social provoqué par le gouvernement de Dilma et ainsi que leur rejet de la corruption du PT. Ce secteur, dans les usines, chez les fonctionnaires, dans la fonction publique, dans les quartiers périphériques, se trompe en pensant que Bolsonaro va résoudre les problèmes de sécurité publique et de corruption. C’est une grave erreur. Bolsonaro est un homme politique professionnel, qui est depuis des décennies au parlement, qui a soutenu le gouvernement corrompu de Temer et qui a voté les contre-réformes qui ont remis en cause des droits des travailleurs et du peuple (la reforme du travail, le gel des budgets pour la santé et l’éducation pendant vingt ans). Il fait partie de la politique traditionnelle qui s’octroie d’innombrables privilèges, comme les logements de fonction. Son ancien parti, le PP (Parti Progressiste) du corrompu Paulo Maluf, a été l’allié du gouvernement Dilma. Bolsonaro et son gourou économique, Paulo Guedes, prétendent accélérer l’ajustement fiscal structurel de Temer, en cherchant à privatiser et à en finir avec le carnet professionnel et à mettre en place la contre-réforme des retraites. Son bras-droit, le général Mourão, parle d’en finir avec le treizième mois, une conquête des années 60 que les gouvernements précédents n’ont pas réussi à supprimer. Bolsonaro et son parti sont aujourd’hui les principaux ennemis des femmes, des LGBTs, des noirs, des indigènes, en propageant le discours de haine contre tous les secteurs opprimés et les minorités.

Bolsonaro est à la tête d’un mouvement de généraux, originaires de la dictature militaire de 64 : une période où on ne pouvait pas contester ceux qui gouvernaient. Sous une dictature, il n’aurait pas été possible de descendre dans les rues comme en juin 2013, de faire une grève générale comme en 2017, de protester contre le décès de Marielle ou de faire des grèves comme celle des routiers. Pendant la dictature militaire, il y avait de la corruption, des baisses de salaire et la précarisation du travail. Ceux qui contestaient était emprisonnés, torturés et assassinés. Il a déjà été montré que toutes les politiques répressives, comme l’intervention militaire de l’armée à Rio de Janeiro, ne résolvent pas le problème de la sécurité et provoquent chaque fois plus de morts de travailleurs et de jeunes dans les favelas, spécialement parmi les pauvres et les noirs. Donc, la proposition de « loi et ordre » de Bolsonaro et des militaires va se retourner contre les mouvements sociaux et les secteurs populaires.

Aujourd’hui Bolsonaro est l’option préférée de la bourgeoisie, des entreprises agroalimentaires, du commerce, de la FIESP (patronat de São Paulo) et du capital financier. Ce n’est que pour cette raison que la Bourse est dans l’euphorie et les « investisseurs » déclarent que Bolsonaro « est vu comme le plus enclin à mettre en place les réformes que le marché financier considère nécessaires ». Ils veulent renforcer un secteur d’extrême droite, ultra-réactionnaire, pour essayer d’appliquer avec une main de fer l’ajustement fiscal, les privatisations, les baisses de salaires. Ils veulent placer les généraux aux commandes de l’exécutif et élargir l’influence des militaires au Congrès National et dans le Tribunal Suprême Fédéral – STF (où ils secondent déjà le nouveau président de la cour). Il s’agit d’un projet qu’il faut combattre et mettra en échec dans les urnes et dans les rues.

Nous n’avons aucune illusion vis-à-vis du PT et nous avons toujours été une opposition de gauche à Lula.

Notre courant a été expulsé du PT pour avoir dénoncé la trahison de classe et l’adhésion du PT à l’ordre capitaliste, sa dégénérescence corrompue, l’enrichissement des dirigeants et l’application des contre-réformes guidées par le FMI. Nous dénonçons aussi les alliances avec les corrompus et les réactionnaires comme avec le PP de Maluf, les fondamentalistes comme Crivella, le PMDB (Parti du mouvement démocratique brésilien, un des principaux partis bourgeois du pays), le hiérarchie militaire (certains des généraux de Bolsonaro ont été des partenaires du PT dans l’invasion d’Haïti et dans la répression des grèves), entre autres. Donc, la cause principale du désenchantement et le désespoir qui amène des secteurs ouvriers et populaires à voter pour un projet ultra-conservateur est l’échec du gouvernement PT, qui a basculé en trahissant les travailleurs et qui s’est enrichi avec la corruption. La réaction politique et idéologique à laquelle nous assistons est le fruit des treize dernières années, durant lesquelles Lula a présenté les ennemis historiques de la classe travailleuse, des femmes, de la population indigène, du peuple noir et de la jeunesse comme des « alliés progressistes », dans son projet « démocratique et populaire » avec la bourgeoisie et l’impérialisme. Ces derniers temps, le PT a essayé de rééditer cette politique sans succès. Il a boycotté les grèves générales contre Temer, il a essayé de trouvé un accord avec tous les secteurs corrompus, il s’est allié avec le PMDB dans d’innombrables régions du pays et son candidat Haddad essaye, sans succès jusqu’à présent, d’être l’option préférée des « marchés ». Le lulisme, donc, suit sans succès son vieux projet de conciliation de classes sans qu’il ne trouve de grands partenariats avec des secteurs importants de la bourgeoisie qui accepteraient d’être leurs garants.

#EleNão : Aucun vote pour Bolsonaro ! Vote critique pour Haddad et Manuela

Néanmoins, il y a un grand enjeu dans ce second tour. Définitivement, le Capitaine Bolsonaro, le Général Mourão, les autres militaires tortionnaires de 64, les ultra-libéraux dirigés par Guedes, l’UDR (Union Démocratique Ruraliste, organisation défendant les intérêts des grands propriétaires terriens connue pour commettre des assassinats contre les militants des mouvements de sans-terres et les mouvements indigènes), les parasites de la BOVESPA (Bourse de São Paulo), l’IURD (Église universelle du règne de Dieu, principale église évangélique du Brésil), les réactionnaires, les fondamentalistes, les homophobes, les racistes, les machistes, et tous les autres patrons qui soutiennent ce projet sont les ennemis qu’il faut mettre en échec dans cette élection. Nous allons continuer à participer au mouvement de masses avec #EleNão et manifester dans les rues pour mettre en échec Bolsonaro.

En ce sens nous appelons à voter de manière critique pour Haddad et Manuela pour mettre en échec Bolsonaro au second tour. Et ce, même avec toutes les divergences que avons toujours manifestées ces dernières années et avec les critiques que nous exprimons publiquement maintenant. Nous ne sommes aucunement responsables de la politique de ces secteurs, nous maintenons notre indépendance politique.

Nous savons que beaucoup de travailleurs et de jeunes n’acceptent pas de voter pour le PT. Nous appelons ces camarades à ne donner aucun vote à Bolsonaro, à ne pas s’engager dans ce projet patronal, ultra-réactionnaire et autoritaire.

Il faut fortifier la bataille dans les rues, en construisant offensivement le mouvement #EleNão dans l’unité lors des manifestations du 20 octobre. Un mouvement unitaire large avec tous les secteurs qui veulent mettre en échec Bolsonaro. Dans cette unité il est fondamental que les centrales syndicales intègrent cette date à un plan de luttes qui débouche sur une nouvelle grève générale pour la défense des droits de la classe travailleuse, des secteurs populaires et de la jeunesse.

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