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Revue de Presse Sociale – Septembre 2018

Grève Ryanair 2018

«La lutte de classe est nationale dans sa forme et internationale dans son contenu» K. Marx

L’été qui vient de s’achever et le début du mois de septembre ont à nouveau été marqués par une intense activité de la lutte des classes. Alors que, depuis des mois, les économistes capitalistes s’évertuent à annoncer que la crise de 2008 est définitivement derrière nous, les derniers chiffres globaux prouvent exactement le contraire. Les prévisions de croissance – qui était d’ailleurs déjà animique – sont revues à la baisse. En Europe, la « baisse » du chômage constatée dans plusieurs pays européens se fait en réalité sur la base de la destruction des conquêtes sociales et sur la baisse des salaires réels. Concrètement, les masses travailleuses vivent plus mal aujourd’hui qu’il y a dix ans et il n’y a pas de perspectives d’amélioration dans le cadre du système capitaliste pourrissant. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les nombreuses grèves qui se produisent quotidiennement.

Une des grèves les plus symptomatiques de cette situation a été celle qui s’est déroulée chez Ryanair au cœur de l’été et qui va se poursuivre le 28 septembre prochain. Rappelons que le transport aérien a été un des laboratoires pour l’UE pour mettre en place la déréglementation généralisée de la législation du travail. La direction de la compagnie low-cost irlandaise a poussé cette logique jusqu’au bout en appliquant à ses employés le droit du travail irlandais (autant dire aucun droit), quel que soit leur pays de résidence. C’est contre cette politique de dumping social généralisée que les personnels de Ryanair ont cessé le travail. Au mois d’août des milliers de vols ont été supprimés. Face à cette arrêt de travail d’une ampleur inédite, la direction de la compagnie a affirmé qu’elle ne céderait pas.

Mais la grève risque de s’étendre le 28 septembre. Cette grève européenne doit servir d’exemple pour les travailleurs du continent. En effet, en s’opposant à la politique de dumping permise par les directives européennes, les travailleurs de Ryanair s’opposent concrètement à la politique fondamentalement antisociale de l’UE. Un dirigeant syndical de l’entreprise a d’ailleurs résumé la situation de la compagnie d’une manière on ne peut plus claire : « on est des esclaves en cravate ».

Toujours dans le domaine du transport aérien, les travailleurs d’Air France menacent à nouveau de cesser le travail pour exiger une augmentation générale des salaires. Cette nouvelle mobilisation se situe dans la continuité des puissantes grèves du début de l’année qui avaient entraîné la démission du précédent Pdg, Jean-Marc Janaillac. Ce dernier a été remplacé par le Canadien Ben Smith, et la rémunération de ce dernier a été multipliée par trois par rapport à celle de son prédécesseur, et ce alors que les salaires des employés de la compagnie sont gelés depuis plusieurs années et que des milliers de postes ont été supprimés. 25 ans après le début de la privatisation d’Air France, la violence des attaques de la direction n’a pas eu raison de la détermination des travailleurs. Les prochaines grèves seront probablement suivies.

En France, en cette rentrée de septembre 2018, certains secteurs sont particulièrement en pointe dans la lutte pour la défense des services publics et contre la remise en cause des acquis ouvriers.

Depuis de nombreux mois déjà, on observe une multiplication des arrêts de travail dans le secteur de la santé pour dénoncer les mauvaises conditions de travail, et le manque de moyens humains et matériels. Ainsi les employés du centre de rééducation de Collioure ont entamé un mouvement de grève reconductible le jeudi 13 septembre, pour protester contre leurs conditions de travail. Ils rejoignent leurs collègues de la clinique de la Pinède à Saint-Estève, en grève depuis le 3 septembre. Ces deux établissements appartiennent au même groupe.

À Niort, les agents de l’hôpital psychiatrique sont en grève, à l’appel de FO et de la CGT, depuis le 10 septembre pour dénoncer des conditions de travail « alarmantes » et réclamer des embauches. Le vendredi 14, ce sont près de 100 agents qui ont reconduit à l’unanimité la grève lors d’une assemblée générale.

Au CHU de Saint-Étienne, c’est également le service de psychiatrie qui est en grève illimitée, pour dénoncer des « conditions d’accueil indignes ». Les grévistes exigent l’embauche immédiate de 10 médecins, 40 infirmiers et 15 personnels hospitaliers. D’autres grèves dans le secteur de la santé sont à signaler à Nancy, Amiens, Albi et la liste n’est pas exhaustive. Au Blanc, dans l’Indre, ce sont près de 5000 personnes qui ont défilé le 15 septembre pour exiger la réouverture de la maternité, fermée depuis le début de l’été.

Le secteur des transports urbains est également particulièrement touché par les appels à la grève en ce début septembre. À Nîmes, une partie des chauffeurs de bus a cessé le travail le jeudi 13 septembre pour dénoncer le gel des salaires depuis 4 ans, dans un contexte de renouvellement de la « délégation de service public » du réseau de transports. À Nantes un préavis de grève a été déposé pour le 25 septembre pour dénoncer le « manque de conducteurs, de personnels d’ateliers, de personnels de maîtrise, de matériels roulants, mal-être des agents… ».

Des arrêts de travail similaires et des préavis concernent les villes ou les agglomérations de Metz, Elbeuf, Chambéry, Nice, Sambre-Avesnois, Châlons en Champagne, Angers. À quand un appel national à la grève dans les transports ?

Dans l’éducation, ce sont notamment les fermetures de classes et le manque de personnel qui cristallisent les mécontentements, aussi bien des enseignants et des personnels que des parents. Dans ce contexte les effectifs des classes explosent. On dépasse régulièrement les 30 élèves par classe dans le primaire et au collège et même 35 élèves au lycée. Des arrêts de travail ont été observés par exemple à Auterive (Haute-Garonne), Limay (Yvelines), Lambersart (Nord), Sarcelles (Nord), Veauche et Pélussin (Loire), Condom (Gers) et la liste pourrait être encore très longue. Ce qui frappe encore une fois, c’est l’absence de riposte de la part des directions syndicales. Et ce alors que le ministre Blanquer est décidé à mettre en pièce l’éducation publique et les statuts des personnels de l’éducation nationale.

Le 13 septembre, les écoles à Bordeaux ont également été touchées par un mouvement de grève d’une partie des agents municipaux. Les services de restauration scolaire de 39 des 101 écoles bordelaises ont été perturbés ce jour.

Dans l’enseignement supérieur, alors que la rentrée universitaire n’a pas encore eu lieu, les premières grèves se sont déroulées. À Caen, les enseignants de l’UFR Humanités Sciences Sociales ont cessé le travail à partir du 10 septembre pour exiger des créations de poste. Les grévistes ont comptabilisé qu’au cours de la dernière année universitaire plus de 18 000 heures avaient été assurées au titre des heures complémentaires ou supplémentaires, ce qui équivaut à 70 postes à temps plein. De plus, l’application de Parcoursup provoque de nombreux problèmes qui pourraient déboucher sur de nouvelles mobilisations.

Dans le secteur de la presse, les travailleurs du groupe Ouest-France – qui édite le journal du même nom, premier quotidien français en terme de distribution, ainsi que d’autres titres de la presse régionale – sont appelés, par le SNJ, la CGT et la CFDT, à cesser le travail le 17 septembre, pour s’opposer à un plan de 56 licenciements prévu par la direction.

D’autres arrêts de travail ont été observés en particulier dans le commerce et dans l’industrie, où les revendications contre les bas salaires et les mauvaises conditions de travail sont nombreuses.

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