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L’Union Européenne en crise – Édito de L’Internationaliste 181

Rencontre entre Merkel, Macron et Trump Rencontre entre Merkel, Macron et Trump

La crise de l’Union Européenne s’approfondit de jour en jour. Chaque événement touchant plus ou moins largement le continent débouche sur une aggravation de la crise. Ainsi en va-t-il de la dite « crise migratoire » qui se solde par un accord honteux.

Cet accord vise à imposer sur le territoire de pays non membres de l’UE des « plateformes de débarquement », des sortes de centres de tri sous l’égide du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU, pour refouler les « mauvais » migrants et répartir les « bons », ensuite, entre les pays membres de l’UE, à l’exception de ceux qui ne souhaitent pas en recevoir.

Cela ressemble à l’accord passé naguère avec la Turquie d’Erdogan sur la même question… L’idée aurait déjà été émise par T. Blair en 2001, rien d’étonnant. En réalité, cet accord est conforme à la politique de l’UE et sa sacro-sainte « compétitivité ».

Autrement dit, les dirigeants de l’UE veulent bien consentir à accueillir quelques migrants à condition que leur arrivée ou leur présence aille dans un sens favorable aux exigences du patronat local. C’est, à l’échelle européenne, l’officialisation du concept d’immigration choisie cher à Sarkozy et à d’autres du même acabit et la fin programmée du droit d’asile…

Aussi, que deviennent les migrants dans cette affaire ? Qui ferait des milliers de kilomètres, traverserait des déserts du genre du Sahara et une mer comme la Méditerranée sur une embarcation de fortune sans y être poussé par une peur plus grande, celle de mourir, s’il ne quitte pas son pays d’origine ? Devront-ils désormais produire un CV, une lettre de motivation et passer devant un DRH avant d’être admis comme réfugiés ? Cela conviendrait certainement à ceux qui sont convaincus (Blair, Berlusconi, Sarkozy… Macron ?) qu’un pays « doit se gérer comme une entreprise ».

La crise de l’Union européenne provient de deux facteurs qui se combinent. D’une part, la base du capital demeure nationale et les pays impérialistes demeurent des pays impérialistes, quel que soit le niveau de renforcement des monopoles capitalistes. C’est-à-dire que la crise du système capitaliste qui s’est ouverte au premier coup de canon de la Première guerre mondiale n’est pas surmontée mais tend à s’aggraver à chaque soubresaut, comme celui de 2007-2008.

Depuis que la période de reconstruction s’est terminée au milieu des années 60, le capitalisme est confronté à nouveau à la menace de la baisse du taux de profit, ce qui, entre autres conséquences, aiguise les tensions inter-impérialistes, y compris au sein de l’Europe, bien entendu.

Surtout que le « rêve », l’utopie, de l’intégration européenne, de la constitution de monopoles de taille européenne dans chaque secteur se heurte aux liens économiques et financiers existants avec le reste du monde, c’est-à-dire, en premier lieu avec la première des puissances impérialistes : les USA qui sont pour beaucoup dans l’aiguisement des tensions inter-impérialistes.

D’autre part, l’Union Européenne a été conçue dès l’origine, dès la CEE de 1957, comme un espace de libre-échange et de mise en concurrence des travailleurs. Le cadre politique est celui d’un objet non défini (ni fédération, ni confédération, ni république, ni royaume…), bâti sur des traités entre états membres, en vérité « une Europe des nations ». Les vraies décisions se sont toujours prises sur la base de négociations secrètes entre organes gouvernementaux des pays membres qui ont abouti, pour certaines, à des traités.

La Commission européenne agit dans le cadre de ces traités qui fixent une politique pro-capitaliste sur des principes intangibles avec un mandat fixé par les sommets des chefs d’État et par les conseils des ministres de chaque secteur. Les lobbies industriels et financiers à Bruxelles / Strasbourg imposent ainsi aisément des directives dans un cadre conçu pour répondre à leurs intérêts.

L’alibi démocratique de l’UE réside en un « parlement » européen qui n’est élu au suffrage universel que depuis 1979, une fois que l’essentiel avait été verrouillé et que le rôle d’un tel parlement ne pouvait être autre qu’appliquer les traités. C’est pourquoi l’UE ne peut pas être basée sur des principes démocratiques, même du « simple » point de vue de la démocratie bourgeoise.

C’est pourquoi, aussi, la revendication d’une « Europe sociale » ne peut être au mieux qu’une illusion, au pire, de la part de ceux qui en font la promotion, une trahison des intérêts des travailleurs et de la jeunesse.

Pourquoi s’étonner du rejet de l’UE quand on voit que chaque fois qu’un traité a été rejeté par référendum, il a fallu revoter, jusqu’à voter « oui », un exercice dont les Irlandais sont familiers ? Ou bien que l’UE a mis en place une cadre qui permet de contourner les oppositions : les TCE rejetés en France et aux Pays-Bas en 2005 ? Qu’importe, vive le traité de Lisbonne !

Rejeté en 2008 par l’Irlande, celui-ci fut adopté par elle en 2009 après que D. Tusk, Premier ministre de la Pologne (aujourd’hui Président du Conseil européen), a déclaré : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur » ; le « socialiste » Zapatero, alors Président du gouvernement de l’État espagnol avait déclaré qu’« Il n’est pas possible que l’Irlande, avec tout le respect pour son choix démocratique, puisse stopper un projet aussi nécessaire ».

Aujourd’hui, les milieux d’affaires au Royaume-Uni se battent pour faire annuler le brexit ! Dans le droit fil d’une valeur « sacrée » de l’UE : « si vous avez voté non, c’est que vous n’avez pas compris ; vous voterez jusqu’à dire oui ».

Le problème c’est que les travailleurs et les jeunes d’Europe ont bien compris que l’UE est une machine à les broyer ; d’où la fébrilité de ceux qui ne voient l’avenir qu’en termes d’élections, là où la mobilisation à l’échelle de l’Europe et dans chaque pays est à l’ordre du jour pour garantir la santé, l’éducation, un salaire décent pour un travail décent, une pension de retraite, des services publics renforcés…

Se battre pour ces objectifs, c’est admettre que l’UE doit être combattue, ses traités abrogés, que la mobilisation de tous doit déboucher sur une révolution à l’échelle du continent, pour les États-Unis Socialistes d’Europe.

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