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L’Université de Toulouse mobilisée contre la fusion et la sélection

Article de L’Internationaliste n°179 de janvier-février 2018

Depuis plus d’un an, les personnels et les étudiants de l’université de Toulouse Jean Jaurès sont mobilisés contre la fusion des universités toulousaines. Cette mobilisation a gagné un nouvel élan au mois de décembre 2017, après que l’écrasante majorité des étudiants et des personnels s’est prononcée contre cette fusion dans le cadre d’une consultation organisée par le président de l’université. Après que ce dernier a décidé de passer outre le résultat et de continuer à avancer dans le projet de fusion, les personnels et étudiants ont entamé un grève qui dure depuis le 14 décembre.

Fusion+sélection=privatisation

A l’origine de la mobilisation, il y a le projet de fusionner deux universités toulousaines et deux écoles d’ingénieurs. Cette fusion correspond à l’aboutissement de la logique de privatisation mise en place par les gouvernements successifs, grâce notamment aux lois LRU (2007) et Fioraso (2013). Dans les discours officiels, il s’agit de faire de l’université de Toulouse fusionnée une université « compétitive » sur le marché de l’éducation. L’argument utilisé par les partisans de cette fusion est le suivant : puisque toutes les autres universités sont engagées dans la compétition, il faut que nous aussi y prenions part. Derrière cette fusion, il y a l’objectif affiché par les directions des université d’obtenir le label Initiative d’Excellence (IDEX), qui correspond à un financement par projets. Mais le réel objectif est d’accélérer les coupes budgétaires, la privatisation de l’établissement et sa soumission totale aux intérêts des entreprises.

C’est donc un projet hautement préjudiciable pour les agents de l’université dont le nombre sera réduit et dont les statuts seront remis en cause, dans un contexte d’explosion de la précarité des personnels. Pour les étudiants, c’est la disparition de filières et d’options considérées comme non-rentables. A cela s’ajoute l’explosion des frais d’inscription et la sélection à l’entrée de l’université qui va être renforcé avec Parcoursup, le plan Vidal et la remise en cause du Bac voulue par le ministre de l’éducation nationale J.-M. Blanquer. C’est là que se rejoignent les deux logiques qui n’en forment qu’une : fusion et sélection sont bien les deux faces de la même volonté de privatiser l’enseignement supérieur et de le soumettre intégralement aux intérêts du privé.

Une mobilisation au long cours

Depuis que le projet de fusion et de « reconquête de l’IDEX » a été rendu public, en 2016, il a été massivement rejeté par les personnels et les étudiants. Ce rejet massif a été relayé par les organisations syndicales de personnels (CGT, SUD, FO, SNASUB-FSU) et d’étudiants (UET, Solidaires Etudiants). Le SGEN-CFDT, qui se cache sous des appellations de listes non-syndicales, soutient pleinement le plan de fusion. Mais le rejet massif a exercé une pression particulièrement forte sur le SNESUP-FSU, qui regroupe les enseignants du supérieur. Le président de l’Université appartient à ce syndicat, mais sa section syndicale l’a massivement désavoué en se prononçant contre la fusion. Minoritaire, le président de l’Université Toulouse Jean Jaurès a été contraint d’organiser un consultation sur la fusion : le résultat a été unanime : 95 % des étudiants (15 % de participation, soit le double de la participation aux conseils centraux) et 62 % des personnels (55 % de participation) se sont prononcés contre la fusion.

Contrairement à son engagement, le président de l’université n’a pas respecté le résultat de la consultation et lors du Conseil d’Administration du 14 décembre qui s’est tenu sous protection policière au rectorat de Toulouse, il a fait valoir sa voix prépondérante pour que la CA se prononce en faveur de la fusion. Depuis cette date, la grève touche et paralyse plusieurs services de l’université. Les agents et étudiants mobilisés ont réussi à empêcher la tenue du vote de la Comue de Toulouse qui devait entériner la fusion le 18 décembre, ils ont empêché la cérémonie des vœux du président de l’université de Paul Sabatier pour étendre le mouvement à l’autre université concernée par la fusion.

La mobilisation a gagné une nouvelle dimension à la fin du mois de janvier avec l’élargissement massif de la grève aux étudiants et une partie des enseignants contre le plan Vidal et la sélection à l’Université, via la mise en place de Parcoursup. Le 31 janvier, l’AG des personnels et étudiants a réuni 800 personnes, celle du 1er février 1200 personnes.

Une mobilisation qui montre le chemin

Les personnels et étudiants de Toulouse en grève depuis le mois de décembre ont lancé un appel à l’ensemble des personnels et des étudiants et des lycées pour un mouvement national contre le plan Vidal et Parcoursup. L’appel fait également explicitement le lien entre la fusion des universités, la sélection et la privatisation de l’enseignement supérieur. La longévité et la force de cette mobilisation réside dans le fait que l’unité entre étudiants et travailleurs a été réalisée à la base, autour de mots d’ordre clairs, ce qui a réussi à imposer l’unité des organisations syndicales et de jeunesse. La mobilisation de Toulouse montre l’exemple. Suivons cet exemple et construisons, tous ensemble, la mobilisation contre la fusion des universités, contre le plan vidal et contre la réforme du bac.

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