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Soixante ans, ça suffit ! Édito de l’Internationaliste 180

01/05/2018 Massif et combatif cortège inter-fac avant les gaz lacrymogènes et la répression... 01/05/2018 Massif et combatif cortège inter-fac avant les gaz lacrymogènes et la répression...

Réactionnaires et répressifs, ce régime et ce gouvernement sont illégitimes !

La politique du gouvernement Macron-Philippe-Collomb n’a rien d’originale. En effet, le programme électoral de Macron n’était ni plus ni moins que la reprise du « cahier de revendication » de la bourgeoisie, des capitalistes.

Qu’y aurait-il de « novateur » à vouloir appliquer le programme qui a été imposé aux travailleurs, aux jeunes et aux peuples opprimés d’Europe à travers des traités dictés par les capitalistes ? Rien. On a vu le résultat de l’élection présidentielle de l’an dernier : 24 % des votants, 18 % des inscrits ont voté pour Macron au premier tour. C’est cela le vote d’adhésion à sa politique à laquelle se sont ralliés des secteurs qui avaient voté Fillon au premier tour. Tout ça ne fait pas 50 % des votants, encore moins des inscrits au second tour.

Il faut le rappeler car ce gouvernement est illégitime. Il tire sa légitimité d’une escroquerie politique : ceux qui ont voté Macron, non par adhésion, mais contre Le Pen se sont retrouvés au soir du second tour comptabilisés parmi les soutiens à Macron. « Les choses répétées plaisent » dit le proverbe latin, après 2002 avec Chirac, 2017 avec Macron ? En 2002 comme en 2017, nous avons appelé à l’abstention au second tour, nous avons eu raison !

D’ailleurs, le taux d’abstention parmi les ouvriers et la jeunesse a démontré que la leçon de 2002 avait été comprise par les principaux intéressés, ceux qui ont le plus à perdre avec l’application des projets capitalistes pour toute l’Europe et pour chaque pays.

D’où alors ce gouvernement tire-t-il sa légitimité ? Des dirigeants de sociétés financières de la City de Londres qui chantent ses louanges et s’apprêtent à s’installer à Paris pour ne pas avoir à subir les conséquences du vote des travailleurs britanniques ? Des dirigeants de l’Union Européenne, des patrons du CAC 40 qui annoncent des profits à 93,4 milliards en 2017 (+24 %), des milliardaires, de Neuilly-Auteuil-Passy, bref de tous ceux qui profitent de sa politique !

Aussi pour les travailleurs et les jeunes, ce gouvernement est illégitime ! Depuis qu’il est en place, il multiplie les attaques contre les libertés démocratiques : constitutionnalisation de l’état d’urgence, remise en cause du droit d’asile, attaque frontale contre la laïcité de l’État et de l’école…

03/05/2018 les étudiants de différentes facs parisienne manifestent et s'invitent à la manifestation de l'intersyndicale de l'éducation à Montparnasse

La transcription en catimini de la directive européenne sur le secret des affaires, adoptée elle-même dans des conditions qui ont interdit tout débat, est une démonstration supplémentaire d’une volonté de criminaliser, non seulement l’action politique et syndicale un tant soit peu opposée aux capitalistes, mais aussi de faire taire des employés ou des journalistes trop curieux sur les méthodes de gangsters des transnationales.

Aussi, dans le plus pur style de la Ve République – ce régime bonapartiste fondé en 1958, il y a 60 ans, suite à un coup d’État de Charles de Gaulle, aujourd’hui en crise – il multiplie le recours aux ordonnances et décrets pour imposer sa politique et esquiver, étouffer, toute contestation, s’appuyant sur des « experts » venus du « monde de l’entreprise », c’est-à-dire des serviteurs zélés des capitalistes.

Le gouvernement s’attaque aux travailleurs du secteur privé, aux retraités, aux fonctionnaires, aux chômeurs. Il diminue les APL, il livre la formation professionnelle au MEDEF, liquide la médecine du travail. Il se prépare à attaquer les retraites par répartition, il applique une politique d’austérité renforcée à tous les secteurs qu’il envisage de privatiser et qu’il sabote au préalable pour faire accepter sa politique : hôpital public, enseignement, université, EHPAD, SNCF…

Pour le gouvernement, tout ce qui rapporte à vocation à être ouvert à la concurrence ou à être privatisé purement et simplement : ainsi, il ne resterait aux travailleurs et aux jeunes que la dette ? Nous répondons, annulation de la dette, aux capitalistes de payer la crise de leur mode de production !

Il compte avancer rapidement en multipliant les mesures d’intégration des syndicats à l’État et à « l’entreprise », ce concept de collaboration de classes qu’on appelle le « dialogue social » ou la « concertation » qui aboutissent à ce que la ministre des transports ose parler de la rédaction « d’amendements » à un projet qui vise à la privatisation de la SNCF et au démantèlement du statut de ses agents.

Et comme cette politique est illégitime, qu’elle s’attaque aux travailleurs et à la jeunesse, qu’elle commence à être contestée sérieusement ailleurs en Europe, en Allemagne, en Italie, au Royaume-uni, alors Macron veut aller vite, très vite, avant que le le feu ne gagne l’Europe toute entière. Alors il frappe, physiquement, il envoie les gardes mobiles à Notre-Dame-des-Landes.

Au nom de la liberté d’enseigner, il envoie les CRS dans les universités occupées, puis il les ferme, au nom de la sécurité, un peu comme les patrons crient à la liberté du travail alors qu’ils licencient, pratiquent le lock-out ou le déménagement des machines sous la « protection » de mercenaires.

Quoi d’étonnant, alors, que certains secteurs d’extrême-droite se sentent pousser des ailes, comme le montre l’agression des étudiants à Montpellier ? La bourgeoisie a toujours deux fers au feu, un « légal » et un autre qui lui permettrait, si besoin est, de transgresser sa propre légalité.

Les idéologues de la bourgeoisie et les ministres glosent sur les plateaux de télévision, ils ne croient pas à « la convergence des luttes » car ils ne voient pas, disent-ils, ce qui pourrait unifier les mobilisations en cours.

Surtout, ils savent qu’ils peuvent compter sur les dirigeants de la CFDT pour soutenir la politique de Macron et sur la division entretenue par les dirigeants des autres confédérations syndicales qui, plutôt qu’impulser et coordonner la mobilisation de toutes leurs fédérations professionnelles pour aboutir à un « tous ensemble », laissent libre cours au déroulement d’un agenda qui occupe tour à tour chaque profession alors que la revendication qui pourrait unifier la mobilisation c’est : assez de cette politique, assez de ce gouvernement, 60 ans ça suffit !

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