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Édito de l’Internationaliste 179 : Tout est possible !

MCI, Paris 3 Censier se mobilise contre la sélection

Article de L’Internationaliste n°179 de janvier-février 2018

Un an après l’élection de D. Trump à la présidence des États-unis d’Amérique du Nord, force est de constater que les tensions inter-impérialistes se sont accrues. La personnalité de Trump n’y est pas pour rien, mais il ne fait que servir dans le fond les exigences de la bourgeoisie de l’impérialisme dominant.

Les circonstances de son élection minoritaire ont accrue la crise politique sur arrière-plan d’aiguisement de la lutte des classes dont la question Noire est un des aspects les plus saillants. Le prolétariat US n’est pas à terre, au contraire, et en dépit de l’absence d’un parti ouvrier indépendant, on peut même dire qu’il ne s’est jamais si bien porté depuis les mobilisations contre la guerre du Vietnam. Tout est donc possible, au cœur même de la citadelle de l’impérialisme.

Les tentatives pour écraser les révolutions arabes ont accouché d’une crise généralisée des régimes féodaux de la péninsule arabique, dont les impérialismes voudraient bien profiter, alors même que les Tunisiens se mobilisent à nouveau.

Le « brexit » n’en fini pas de produire ses effets et la crise politique au Royaume-uni s’approfondit tous les jours, en même temps que les institutions de l’Union européenne sont lancées dans une sorte de fuite en avant pour échapper à l’éclatement en cours de ce projet capitaliste sous la pression des travailleurs, de la jeunesse et des peuples du continent.

La multiplication des bulles spéculatives rend l’horizon économique plus qu’incertain, mais comme d’habitude, plus le bord du gouffre approche, plus les capitalistes accélèrent, soutenus par la Réserve fédérale US, la Banque centrale européenne et la Banque d’Angleterre.

Alors Macron est arrivé, ni de droite ni de gauche, sauveur de « la France éternelle » et de « l’Europe éternelle », fidèle au régime semi-bonapartiste de la V° République qu’il entend bien parachever, malgré un contre-temps historique d’un demi-siècle.

Sous couvert de récompenser les syndicats qui s’engagent dans le dialogue social, selon les termes de la loi d’habilitation concernant les ordonnances de cet automne, on voit ressurgir le projet jamais abandonné de la bourgeoisie de l’association capital-travail, du corporatisme cher à Pétain, « ni de droite ni de gauche », lui aussi, sur lequel de Gaulle « au-dessus des partis » s’est cassé les dents en 1969.

Macron avance vite, très vite, multipliant les chantiers de démolition, flanqué de DRH, d’avocats, d’experts, de « chefs d’entreprises » : le Code du travail, la formation professionnelle, l’assurance chômage, les retraites, la fonction publique, les APL, la CSG, le BAC, l’université en passe de devenir une entreprise compétitive au service des rejetons de la bourgeoisie…

Macron avance vite, trop vite ? Déjà, les travailleurs se font entendre alors que les dirigeants des organisations syndicales pratiquent le dialogue social faisant abandon de leur indépendance vis-à-vis de l’État et du patronat. Les travailleurs de plus en plus nombreux se font entendre dans le secteur privé où les suppressions d’emplois se multiplient prenant appui sur les ordonnances Macron à l’image de Carrefour, dans les EHPAD, dans les hôpitaux.

Jusqu’au cœur des fonctions régaliennes de l’État, la colère gronde, celle des gardiens de prison, car la réponse de Macron et de ses experts de « la société civile » au manque de moyens et au délitement du service public est la privatisation, le partenariat public-privé ou le public paie et le privé encaisse : l’avenir de l’administration pénitentiaire ? La prison à l’américaine, en concession à Eiffage ou à Bouygues ? Une prison qu’il faut remplir à tout prix pour qu’elle soit rentable ?

Macron avance. Il multiplie les affrontements, misant sur la capacité des bureaucrates qui dirigent les organisations syndicales ou leurs successeurs à la tête de pseudo syndicats étudiants, mais tel Pyrrhus, à chaque bataille remporté il s’affaiblit, sa base sociale se rétrécie. Si tant est qu’elle eût été large.

Car souvenons-nous que ce nouveau Bonaparte n’a été élu que par défaut, sur fond d’un record d’abstention. Souvenons-nous que la combine qui a fait élire Chirac en 2002 a échoué en 2017.

Les travailleurs se font entendre, la jeunesse aussi se met maintenant en mouvement. Tous font mentir ceux qui, à l’élection de Trump, au vote en faveur du brexit, à l’élection de Macron voyaient surgir le spectre du fascisme : non, il n’est pas « minuit dans le siècle » !

Tout est possible, les travailleurs et les jeunes sont prêts à combattre pour un avenir meilleur : seul fait défaut l’état-major, le parti ouvrier révolutionnaire à même d’aider les prolétaires à se saisir du pouvoir.

Le MCI contribue à construire cet état-major, à reconstruire cette internationale qui est pour nous la quatrième internationale à laquelle tant de soi-disant « trotskystes » ont tourné le dos, œuvrant sur le terrain d’une « contestation radicale » et sur le terrain « sociétal », prétendant transformer le capitalisme de l’intérieur sans chercher à prendre le pouvoir.

Dans un marais qui emprunte sa phraséologie au marxisme et sa pratique à l’anarchisme, non seulement ils trahissent la mémoire de L. Trotsky, son combat, mais surtout ils trahissent les intérêts objectifs de la classe ouvrière.

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