Show Buttons
Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Google Plus
Partager sur Linkdin
Contact us
Hide Buttons

Polémique:Pour la défense inconditionnelle de la République Catalane

Comité de Défense de la République de Vallcarca: "le peuple commande, le gouvernement obéit"...

En votant et en se mobilisant massivement pour l’indépendance de la Catalogne et en contraignant le Parlament à prononcer la Déclaration Unilatérale d’Indépendance, le peuple de Catalogne est venu aggraver la profonde crise politique et économique que connaissaient déjà l’État Espagnol et l’Union Européenne.

Cette situation inédite a ouvert un débat très intense au sein des organisations qui se réclament de gauche. Ce débat est marqué par une extrême confusion sur l’attitude à adopter vis-à-vis de ce processus et mérite des clarifications historiques et politiques.

Indépendance ou autonomie ? Indépendance !

Pour certains, le nationalisme, et donc l’indépendance, ça serait la guerre. Par ce raccourci fulgurant, les tenants de cette position mettent les nationalistes catalans dans le même sac que les organisations d’extrême-droite de Flandres et du nord de l’Italie. Défendre un tel argument relève au mieux de l’ignorance crasse, au pire de l’escroquerie intellectuelle.

Ceux qui défendent cette position défendent également ouvertement la constitution néo-franquiste de 1978 (et l’application de son article 155 ainsi que la répression qui en découle). C’est une position de soutien à toutes les contre-réformes anti-démocratiques et anti-ouvrières mises en place dans le cadre de l’UE capitaliste – considérée comme un horizon indépassable – pour faire payer la crise du capitalisme aux travailleurs et dresser ces derniers les uns contre les autres. Reconnaissons que ces secteurs politiques sont explicites quant à leur position.

Cette position est incarnée en particulier par les lambeaux de la social-démocratie, PSOE (État Espagnol), PSC (Catalogne) ainsi que de manière plus ou moins explicite, par différentes nuances de la gauche dite radicale, à l’image de Podemos (État Espagnol) ou de figures publiques comme la maire de Barcelone, Ada Colau.

Pour d’autres, la question semble beaucoup plus confuse. Pour toute une série d’organisations, qui couvrent un large spectre politique allant du communisme libertaire à la gauche radicale (le site Demosphère allant même jusqu’à censurer le meeting unitaire du 9 novembre à la Bourse du travail de Paris), en passant par certains secteurs se réclamant plus ou moins ouvertement du trotskysme, la question catalane serait essentiellement un problème culturel, linguistique et éventuellement social.

Pour ces secteurs, la question catalane qui ne concerne que l’extrême nord-est de la Péninsule ibérique et devrait être résolue sous forme d’une sorte d’autonomie ou d’autogestion dans le cadre du capitalisme. Ces secteurs s’en tiennent à la dénonciation des emprisonnements politiques mais refusent de soutenir la perspective de la république catalane au motif que celle-ci serait bourgeoise !

En adoptant une telle position, ils finissent par se ranger volontairement ou involontairement du côté de ceux qui défendent le régime monarchiste de Madrid. Cette position rappelle d’ailleurs celle des anarcho-syndicalistes lors de la révolution espagnole dans les années 1930, lorsque ceux-ci s’étaient alliés aux secteurs bourgeois et staliniens, contribuant ainsi à désarmer le processus révolutionnaire, qui était le seul qui pouvait réellement remporter la victoire contre Franco. L’issue de ce choix politique fut une tragédie pour le prolétariat de Catalogne, d’Espagne et d’Europe.

Pour nous, MCI, tout militant et toute organisation disant défendre les intérêts des travailleurs et des jeunes doit défendre inconditionnellement l’indépendance et la proclamation de la république catalane. Défendre un telle position c’est répondre à une exigence historique, à une exigence démocratique et à une exigence sociale.

Une exigence historique, démocratique et sociale

Rappelons, que contrairement à ce que colportent de nombreux médias, la question catalane n’est pas apparue soudainement au cours des années 2010. Tout au long du 20e siècle, l’Espagne en général, et la Catalogne en particulier, de par l’importance du mouvement ouvrier dans cette région, a été secouée par de nombreuses crises révolutionnaires.

Pour ne citer que les principaux épisodes, lors de la grève générale qui frappa Barcelone en 1919, lors de la révolution espagnole et de l’instauration de la deuxième république, lors de la poussée révolutionnaire qui fit suite à la mort de Franco, la question de l’indépendance catalane dans le cadre d’une fédération espagnole fut une revendication défendue par les organisations ouvrières et révolutionnaires.

À chaque fois, la Monarchie et la bourgeoisie espagnoles réprimèrent ces situations révolutionnaires avec la complicité des secteurs petit-bourgeois et des directions ouvrières défaillantes et enterrèrent le projet d’indépendance catalane, et du même coup de république et de fédération ibérique.

Après l’épisode de 1919, la monarchie espagnole répondit par la dictature de Primo de Rivera. Après l’instauration de la 2e république, la monarchie espagnole répondit par la guerre civile et par la dictature de Franco. Après la poussée révolutionnaire qui suivit la mort de Franco, la bourgeoisie espagnole, avec le soutien de la social-démocratie et du stalinisme (PCE), imposa le retour du roi et la constitution de 1978.

Défendre la république catalane indépendante c’est également répondre à une exigence démocratique. En tant que marxistes révolutionnaires, nous défendons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est-à-dire que nous sommes pour le droit à l’autodétermination y compris pour le droit à la séparation.

Le 1er octobre, malgré la féroce répression policière, le peuple catalan s’est massivement et incontestablement prononcé pour l’indépendance et la République, suscitant le soutien de travailleurs et de jeunes dans d’autres régions d’Espagne (Madrid, Séville, Bilbao etc.).

C’est aussi une exigence démocratique car c’est s’opposer à l’application de l’article 155 de la constitution espagnole (suppression du statut d’autonomie et mise sous tutelle de la Catalogne), à l’emprisonnement de responsables politiques et à la répression contre les militants. Si certains ont encore des doutes sur le caractère anti-démocratique du régime de Madrid, il suffit de mentionner la déclaration de Pablo Casado, porte-parole du PP, le 9 octobre dernier.

Lors d’une conférence de presse, ce dernier a déclaré que Carles Puigdemont, président de la Généralité Catalane, pourrait terminer comme Lluís Campanys. Ce dirigeant de la Gauche Républicaine Catalane, avait déclaré l’indépendance de la république catalane en 1934 ce qui lui avait valu d’être fusillé par les franquistes en 1940.

Défendre la république catalane indépendante répond aussi à une exigence sociale tant au niveau de l’État espagnol que de l’Europe capitaliste qu’est l’UE.

Faire appliquer réellement la proclamation de la république catalane, c’est faire voler en éclats les accords contre-révolutionnaires du Pacte de la Moncloa et de la constitution de 1978, dont l’objectif a été d’assurer la continuité du régime franquiste avec une façade démocratique. Ce cadre constitutionnel a notamment permis la mise en place des politiques d’austérité, de remise en cause du code du travail et de privatisation des services publics.

C’est aussi un exigence sociale car la proclamation de la république catalane indépendante va à l’encontre des politiques de l’UE et de son principe de l’Europe des régions. L’Europe des régions c’est une manière pour les capitalistes européens d’attaquer les conquêtes sociales des travailleurs du continent.

Au contraire, la perspective d’une république catalane se fait en rupture avec les directives européennes de déréglementation et de mise en concurrence des travailleurs. C’est d’ailleurs ce qui explique la véhémence des dirigeants politiques européens et de l’UE elle-même à s’opposer au processus catalan.

L’offensive généralisée contre les travailleurs d’Europe, ce qui demeure le socle de l’accord entre les bourgeoisies du continent dans le cadre de l’UE, repose en Espagne sur la monarchie et l’autonomie mise en place par la constitution de 1978. La république indépendante de catalogne et la perspective d’une fédération socialiste ibérique s’opposent à l’UE. Cela montre au passage que l’UE n’est rien d’autre qu’une prison pour les peuples d’Europe.

Le comité de soutien du peuple catalan s'appelle désormais COMITE DE SOUTIEN A LA REPUBLIQUE CATALANE (CSRC)

Le comité de soutien du peuple catalan s’appelle désormais COMITE DE SOUTIEN A LA REPUBLIQUE CATALANE (CSRC)

Tout notre soutien à la mobilisation des travailleurs et des jeunes

Comment, dans ce contexte, faire réellement appliquer la déclaration unilatérale d’indépendance de la république catalane ? Car l’enjeu est bien que cette indépendance soit effective. Ici, la question centrale est la mobilisation des masses et en particulier des travailleurs, des jeunes et de leurs organisations et de leurs organismes de lutte.

Le gouvernement catalan est composé d’organisations bourgeoises (l’ERC d’Oriol Junqueras et le PDeCat de Carles Puigdemont). Si ce gouvernement a déclaré l’indépendance à la suite du vote du 1er octobre, c’est parce qu’il y a été contraint par la mobilisation des masses de Catalogne.

Mais ces organisations n’avaient pas l’intention d’aller aussi loin et d’ailleurs ont tout fait pour que cette déclaration d’indépendance ne soit que symbolique et ne soit pas suivie dans les faits. En effet le PdeCat (et son ancêtre CiU) de Carles Puigdemont a gouverné la Catalogne depuis 1979 et a appliqué toutes les contre-réformes et toutes les mesures d’austérité contre les travailleurs de Catalogne.

L’ERC qui participe également à l’exécutif catalan depuis 2015, n’est pas en reste et a également appliqué les mesures d’austérité. Il n’y a donc rien à attendre de ces organisations sinon qu’elles trahissent les aspirations du peuple catalan de rupture avec la monarchie espagnole et ses politiques d’austérité.

Le peuple catalan ne pourra compter que sur ses propres forces pour faire aboutir ses justes revendications politiques et sociales. Pour faire appliquer effectivement la déclaration d’indépendance de la république catalane, il faut une politique d’indépendance de classe qui soit au service des jeunes et des travailleurs. C’est tout l’enjeu du moment actuel.

L’enjeu est celui de la construction d’une direction politique indépendante des organisations bourgeoises. C’est le sens de la bataille actuelle menée par nos camarades de Lucha Internacionalista, section de l’UIT-QI dans l’État espagnol. C’est le sens de leur intervention dans les CUP, organisation de gauche radicale qui soutient l’indépendance, et au sein des Comités de Défense de la République, qui se structurent dans toute la Catalogne.

MCI et LI : Vive la République Catalane !

MCI et LI : Vive la République Catalane !

Pour nos camarades de LI, « il faut poursuivre la lutte et réactiver la Plateforme de la gauche syndicale qui a appelé à la grève générale du 3 octobre, renforcer les Comités de défense de la République et le mouvement étudiant (en s’appuyant sur des assemblées de base et des coordinations dans le secondaire et les universités) (…) La République sera celle des travailleurs ou ne sera pas (…)Et, sans la mobilisation massive de la classe ouvrière, nous ne pourrons stopper l’attaque de l’État espagnol. »

En tant que MCI, il nous appartient de défendre jusqu’au bout, ici en France, le droit du peuple catalan à exercer son droit à l’autodétermination, ce qui implique la défense de la République. Les circonvolutions autour du mot « autodétermination » de certains secteurs syndicaux et politiques ne sont que des arguties qui cherchent à justifier l’inacceptable : le refus de défendre jusqu’au bout la volonté légitime du peuple catalan et donc son droit à l’autodétermination réelle.

Partager
Share On Twitter
Share On Linkdin
Contact us